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Bois Mort sur Feuillus ? Pourquoi les Règles du Bonsaï Sont FAUSSES !

bois mort feuillus arbre de Herve Dora - Vital Bonsaï

Bois Mort sur Feuillu Caduc : Pourquoi la Règle Japonaise est-elle Obsolète ?

Depuis des décennies, une règle est considérée comme intouchable dans l’art du bonsaï traditionnel, les Jin (bois mort ou branche morte) et les Shari (bois mort sur le tronc) sont réservés aux conifères. Le bois mort serait une “hérésie” sur un arbre caduc comme le Charme ou l’Érable, car il entraînerait une pourriture rapide et la mort de l’arbre.
Chez Vital Bonsaï, nous affirmons que cette règle est obsolète et qu’elle relève plus du dogme commercial que de la vérité horticole. Il est temps de briser ce mythe et de libérer le potentiel artistique de vos feuillus.

bois mort sur un érable arbre de Herve Dora - Vital Bonsaï

1. Démystifier la Règle : D’où Vient l’Interdit ?

L’interdiction du bois mort sur les espèces caduques (feuillus) repose principalement sur deux arguments, dont l’un est scientifiquement faux et l’autre est culturel :

A. L’Argument Culturel : La Quête de la Perfection

Le bonsaï japonais classique, notamment pour les espèces caduques, détermine un feuillus par un feuillage dense, une finesse de la ramification tertiaire et surtout, des cicatrices parfaitement refermées. Dans cette esthétique, le bois mort, symbole de lutte et de caractères masculin, est banni pour préserver une image de vitalité absolue et de féminité immaculée.

B. L’Argument Horticole (Le Mythe)

L’argument le plus répandu est que le bois d’un caduc pourrit trop vite et que cette pourriture remonterait le long du tronc pour tuer l’arbre.

La Dure Vérité : Ce dogme a souvent servi, sciemment ou non, à standardiser la production. Si le public n’était habitué qu’aux caducs lisses et parfaits, il devait acheter les arbres finis des pépinières. L’intégration de cavités et de bois mort sur des caducs ouvre la porte à la transformation d’arbres prélevés dans la nature (Yamadori), menaçant un modèle économique basé sur l’uniformité du produit.

2. La Science Contre le Dogme : L’Arbre est “Immortel”

Reprenons l’argument horticole avec l’aide de l’arboriculture et de l’agronomie. La science prouve que le bois mort n’est pas un danger de mort immédiat pour un feuillu.

Le Principe de l’Arbre Creux (Duramen vs Aubier)

La pourriture se développe dans le duramen, c’est-à-dire le bois mort, non fonctionnel, situé au centre du tronc. L’arbre, quant à lui, vit et prospère grâce à l’aubier (le bois vivant et fonctionnel, sous l’écorce) qui conduit la sève.

  • L’Observation Naturelle : Il suffit de regarder les Chênes centenaires ou les châtaigniers dans nos forets. Beaucoup sont creux à l’intérieur depuis des siècles et continuent de croître vigoureusement.
  • Les Oliviers Méditerranéens : Les vieux Oliviers sont la preuve vivante de cette résilience. Leurs troncs sont souvent fendus, tordus et caverneux, mais l’anneau d’aubier sous l’écorce assure la survie et la fructification de la plante.

La Compartimentation

Face à une blessure ou à une infection, les arbres activent un mécanisme de défense biologique remarquable appelé Compartimentation.

Lorsqu’une attaque de parasites ou fongique s’installe, l’arbre construit des “murs de protection” pour isoler la partie blessée. Le processus de pourrissement est confiné et l’arbre continue de vivre en contournant le dommage. Le bois mort sur un caduc n’est donc pas une condamnation à mort. Néanmoins cela peut être problématique structurellement pour des très grand arbres. Mais ça ne nous concerne pas en bonsaï, voir même cela apporte un certain cachet à nos créations.

3. L’Impératif Artistique : Raconter une Histoire Vraie

Si la science autorise le bois mort, l’art l’exige. Dans une démarche naturel ou créative, le bois mort est une force esthétique majeure qui confère à l’arbre un caractère et une âme.
Les bois mort sur un arbre racontent des histoires, la foudre qui frappe et qui brule, la neige qui brise, ou l’insecte qui sculpte.

Sculpter la Cicatrice : imitez le chaos

Si vous avez une grosse coupe ou une blessure que vous ne pouvez pas refermer : ne cherchez pas à la cacher, accentuez-la !

  1. Osez la Brutalité : Oubliez la coupe nette à la pince concave. Prenez un outil de sculpture (gouge, ciseau à bois) et travaillez la blessure de manière irrégulière, voire brutale.
  2. Imitez la Nature : Le but est que la cavité ressemble à l’œuvre du temps et des éléments, avec des déchirures et de la textures.
  3. Laissez Évoluer : Laissez le bois pourrir légèrement, se fissurer et se patiner naturellement. C’est l’essence du vivant : accepter que l’œuvre évolue.

L’objectif n’est pas de créer un objet stérile sorti d’une usine, mais un arbre qui a lutté et survécu. Plus le caractère est marqué (cavités sombres, bois mort texturé), plus l’émotion transmise au spectateur est puissante.

4. Le Cas d’Étude : Le Bois Mort sur l’Érable du Japon

Pour illustrer concrètement la puissance et la beauté du bois mort sur un caduc, il suffit d’observer le travail de maîtres qui transgressent les conventions, comme le bonsaïka français Hervé Dora.


Connu pour son approche d’un bonsai hors code, avec le style “Burton”. Il à prouvé que des espèces réputées intouchables, comme l’Érable du Japon (Acer palmatum), pouvaient porter fièrement des cicatrices sculpturales.
En travaillant sur de larges déchirures et des zones de bois mort (Jin et Shari).
L’idée n’est pas d’imiter le accident des conifères, mais de donner à l’Érable une force et un style exceptionnelles. L’effet esthétique est saisissant. Le bois mort, souvent texturé et creusé, crée un contraste dramatique avec l’écorce lisse et la finesse de la ramification.
Ce type de création pousse l’Érable, souvent jugé comme “Féminin”, vers une autre dimension, où le bois vivant et le bois mort racontent une histoire en parfaite harmonie.

5. La Leçon des Trognes : Le Modèle de Résilience Naturelle

L’analogie la plus parlante pour justifier la présence de bois mort et de cavités sur un bonsaï caduc nous est donnée par l’arbre en trogne (tête de chat) de nos paysages ruraux européens.

Ces arbres (Frênes, Saules, Chênes) subissent des tailles répété sur des décennies. Ce traitement crée un tronc souvent creux, boursouflé et couvert de plaies béantes.
Pourtant, ces arbres vivent des centaines d’années ! La trogne démontre que l’arbre peut survivre et même prospérer, créant une silhouette architecturale et robuste.
Il a été également démontré que pour une même espèce un arbre taillé en trogne vieilli plus vieux. En effet les coupe successives provoque des régénérations et voir même des “rajeunissement” de certain partie de l’arbre.

L’intégration de cavités dans nos bonsaïs caducs est donc un hommage direct à cette esthétique rustique et résiliente de la trogne, prouvant que la blessure peut devenir le siège de la vitalité et du caractère.

Conclusion : Défiez le Dogme et Choisissez l’Art

Faut-il mettre du bois mort sur un bonsaï caduc ?

  • Si vous recherchez la conformité et le standard commercial : La réponse est Non.
  • Si vous cherchez à faire de l’Art, à créer une œuvre unique avec de l’âme et du caractère : La réponse de Vital Bonsaï est un grand OUI.

Le bonsaï est un art dynamique qui doit évoluer. N’ayez pas peur de défier les dogmes établis. La nature et votre meilleur maître. La seul règle à respecter est l’harmonie naturel que doit dégager votre travail.

Rejoignez-nous : Êtes-vous prêt à sculpter les “défauts” de vos arbres pour en faire des chefs-d’œuvre de résilience? Partagez votre avis en commentaire et abonnez-vous à notre newsletter pour plus de leçons de bonsaï radical et authentique !

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