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Le Côté Sombre du Yamadori : Quand le Prélèvement Devient un Acte de Vandalisme

plastique laissé sur site yamadori - vital bonsai

Le Côté Sombre du Yamadori : Quand le Prélèvement Devient un Acte de Vandalisme

Le Yamadori, c’est l’art de prélever un arbre dans son milieu naturel pour le transformer en bonsaï. C’est l’une des pratiques la plus noble, mais aussi les plus controversées de cet art. Il permet d’obtenir des arbres avec une maturité d’écorce et un caractère inimitable.

Toutefois, comme va l’illustrer cet article, le Yamadori est parfois confondu avec l’arrachage sauvage, l’irrespect total du vivant et de l’environnement. Il est vital de rappeler les principes éthiques qui doivent guider tout yamadoriste.

1. Yamadori vs. Arrachage : L’Échec Technique et le Gâchis

Un prélèvement réussi d’un arbre nécessite de la patience, de l’anticipation, et surtout le respect d’une technique visant à conserver un maximum de racines. Ce que j’ai découvert dans ce ravin est l’exact exemple à ne pas suivre et qui donne du grain a moudre au détracteur de cet pratique.

  • Un geste irréfléchi : L’arbre a été violemment arraché du sol, laissant un trou. Le peu de racines présentes ne lui donnait aucune chance de survie.
  • Les preuves de l’échec : Le dit “bonsaïka” a coupé des branches de l’arbre. Certainement pour alléger le port et équilibrer le feuillage par rapport au racinaire. Cette taille confirme que les coupes on été effectué pour un préleveur et non par un chasseur qui aurai éventuellement dégager une ligne de tire.
  • La sanction de la nature : La personne s’est rendu compte, une fois l’arbre sorti de terre, que le système racinaire était inexistant (certainement après avoir coupé ou arraché un gros pivot. Il a donc choisi l’option la plus lâche : jeter l’arbre au lieu d’assumer son échec et de lui donner une petite chance.

2. Un Site Propre : Tolérance Zéro pour les Déchets

Au-delà de l’acte de gâchis du vivant, le prélèvement sauvage est trop souvent accompagné d’un manque de civisme criant : l’abandon de détritus sur site.
Qu’il s’agisse de restes de plastique, de ficelle, de bouts de toile tissé, ou encore du ruban balise servant à marquer l’arbre, tout doit être ramené.
Un bonsaïka éthique est un gardien, non un pollueur. Laisser des marques de son passage, n’est pas seulement un manque de respect pour la nature, c’est une faute lourde qui peut entraîner l’interdiction de l’accès aux sites de prélèvement pour toute la communauté. Un site de Yamadori doit être laissé plus propre qu’il ne l’était à l’arrivée.

3. L’Hérésie de l’Abandon : La Controverse Éthique

L’échec technique est une chose, l’abandon de son “matériel” en est une autre. Un prélèvement, même raté, est un acte qui engage le bonsaïka envers l’arbre.

Le manque de décence ici est double :

  1. L’abandon du vivant : L’arbre, condamné, a été jeté sans la moindre tentative de sauvetage. Quand bien même l’arbre aurait eu de faibles chances de survie, le devoir du bonsaïka est de lui offrir un substrat adapté et de lui donner toutes les chances de reprise chez soi.
  2. L’irrespect du site : La présence du ruban balise, de plastique accroché aux arbres et laissées sur le lieu de prélèvement est inadmissible. Respecter la montagne, c’est ramasser tout déchet, y compris les déchets que d’autres personnes aurai pu laisser. Toute traces de notre passage est le signe d’un manque de respect pour la nature, et donne une très mauvaise image de notre passion.

Le Devoir Éthique : Lorsque l’on coupe un gros pivot et que l’on se rend compte qu’il n’y a pas assez de racines pour la reprise, l’arbre doit obligatoirement être ramené. Le laisser pourrir sur place est un acte de gaspillage et de vandalisme, qui trahit l’esprit même du Yamadori, qui est censé être une forme de dialogue respectueux avec la nature. C’est le comportement d’un prédateur de yamadori.

4. La Responsabilité du Bonsaïka Éthique

L’échec fait partie de l’apprentissage du bonsaï. Le prélèvement d’un arbre sans racines est une erreur qui a touché tout les préleveurs. Cependant, l’attitude face à cette erreur fait toute la différence.

Que faire face à un prélèvement raté ?

  • Assumer : Vous avez coupé un pivot, il n’y a pas assez de racines ? Ramenez l’arbre chez vous.
  • Tenter le tout pour le tout : Mettre l’arbre en pot (ou en caisse de culture), dans un substrat drainant et le placer sous abri pour tenter de stimuler l’apparition de nouvelles radicelles.
  • Éviter les récidives : Analyser l’erreur (espèce trop difficile, outil inadapté, mauvaise saison) pour améliorer son prochain prélèvement.

Le Yamadori n’est pas une compétition. C’est une quête de beau matériel, menée avec humilité et respect. Un prélèvement mal exécuté qui se termine par un arbre jeté dans un ravin est non seulement lamentable, mais déshonorant pour la pratique du bonsaï. La nature n’est pas un pépinière.

Nous encourageons chacun à adopter une approche responsable pour garantir que le Yamadori reste un art de patience et d’éthique, et non un acte de vandalisme.

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